Cette conférence s’inscrit dans le cadre d’une recherche consacrée à une « philosophie du duel » (falsafat al-muthannā), développée à partir de la catégorie grammaticale du duel en arabe. Alors que la modernité occidentale – de Descartes à Husserl – a construit le moi comme centre unificateur de la connaissance et de l’expérience, cette réflexion propose d’en déplacer le fondement vers une structure originaire de co-appartenance.
Le muthannā n’est pas ici envisagé comme un simple fait linguistique, mais comme une matrice ontologique permettant de penser une subjectivité irréductiblement relationnelle : le moi-muthannā désigne un sujet qui ne se constitue jamais seul, mais toujours dans l’ouverture à un autre. L’expression « ce qui reste » ne renvoie pas à un résidu après la déconstruction du sujet moderne, mais à une demeure et à une promesse : ce qui fonde l’identité en l’ouvrant à l’altérité.
La conférence explore ainsi les implications ontologiques, éthiques et spirituelles de cette figure du sujet, et interroge sa portée dans un monde traversé par des crises de coexistence.
L'intervention sera suivie d'un temps de questions et d'échanges.
La séance sera également accessible en ligne sur zoom :
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